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Les savants de l'Islam : l'origine de toutes les sciences modernes

Cinq siècles de science : les savants musulmans ont fondé la médecine, l'algèbre, la chimie, l'optique, l'astronomie, la géographie et la sociologie, puis les ont transmises à l'Europe où elles sont devenues le fondement de la renaissance scientifique moderne. Voici leur panthéon : d'Avicenne à Ibn Khaldoun, et de Fatima al-Fihri à Ibn al-Shatir.

Sommaire:Médecine & pharmacieChimieMathématiques & algèbreAstronomieOptique & physiqueIngénierie & mécaniqueGéographie & navigationHistoire & sociologiePhilosophie & logiqueDroit musulman & ses principesSciences du Coran & du hadithLangue & littératureFemmes & science

L'âge d'or de la science

Du cœur de Bagdad à Cordoue, Fès et Samarcande, les savants musulmans ont posé les pierres fondamentales des sciences qui gouvernent le monde d'aujourd'hui : médecine, algèbre, chimie, optique, astronomie, géographie et sociologie. Cette page rassemble leurs figures les plus célèbres et ce que chacune a apporté au monde, classées par domaine scientifique, avec un index pour faciliter la navigation.

L'âge d'or islamique s'étend sur près de cinq siècles (environ les VIIIe–XIIIe siècles). Il commence par l'effort de traduction sous le calife al-Ma'mun à la Maison de la Sagesse de Bagdad en 830, où les sciences de la Grèce, de la Perse et de l'Inde furent traduites en arabe. Puis vint la génération musulmane qui ne se contenta pas de traduire : elle réfuta, ajouta et expérimenta. Le papier bon marché favorisa l'édition des livres, et les grandes bibliothèques de Bagdad, Cordoue et Le Caire devinrent des phares où affluaient les étudiants d'Orient et d'Occident.

Voici les figures de cet âge et leurs successeurs dans chaque domaine, avec l'apport de chaque savant et son influence sur la science mondiale.

Médecine & pharmacie

Les médecins musulmans ont fondé la médecine clinique fondée sur l'observation, l'expérimentation et les hôpitaux d'enseignement ; leurs livres restèrent les références premières des universités européennes pendant des siècles.

Ibn Sina (Avicenne)

Prince des médecins — 980–1037 / 370–428 H

Auteur du Canon de la médecine, enseigné dans les universités européennes (Montpellier, Louvain et autres) jusqu'au XVIIe siècle et traduit en latin une trentaine de fois. Il décrivit plus de 760 médicaments et les classa, fut le premier à distinguer la variole de la rougeole comme deux maladies différentes à agents contagieux minuscules, et marqua la psychologie en traitant les troubles mentaux par la guidance.

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Ibn al-Nafis

Père de la petite circulation — 1213–1288

Il décrivit la circulation pulmonaire — le passage du sang du cœur aux poumons puis son retour — réfutant l'affirmation de Galien sur la porosité de la paroi entre les ventricules, environ trois siècles avant William Harvey. Son Al-Mujaz fi al-Tibb, traduit en latin en 1547, resta une référence approuvée.

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Al-Zahrawi (Abulcasis)

Père de la chirurgie — 936–1013 / Cordoue

Médecin de la cour andalouse et auteur d'Al-Tasrif, dont le dernier volume fut la plus vaste encyclopédie chirurgicale de son temps. Il inventa et dessina plus de 200 instruments chirurgicaux (pinces, spéculums, dilatateurs, cathéters), introduisit les sutures de coton et les fils intestinaux dissolubles, et fit de la chirurgie une science indépendante dont les outils servirent en Europe près de cinq siècles.

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Ibn Zuhr (Avenzoar)

Médecin de Séville — 1091–1161

Premier à décrire précisément la péricardite et l'abcès médiastinal, auteur d'Al-Taysir fi al-Mudawati wa-l-Tadbir, traduit par Gérard de Crémone et devenu référence des médecins d'Europe. Ses contemporains louaient son expérimentation rigoureuse sur les animaux avant tout traitement humain.

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Ibn al-Baytar

Maître des simples — 1197–1248

Le plus célèbre pharmacologue botanique du Moyen Âge. Dans Le Complet des aliments et des médicaments simples, il rassembla environ 1 400 remèdes et plantes avec leurs noms en plusieurs langues, leurs bienfaits et doses. Les Européens commentaient ce livre jusqu'au XIXe siècle, et il fut la base de leur pharmacologie végétale.

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Ali ibn Isa al-Kahhal

Pionnier de l'ophtalmologie — Xe siècle

Auteur du Mémorial des ophtalmologistes, le plus célèbre livre de médecine oculaire pendant six siècles, traduit en latin, hébreu et grec. Il décrivit les opérations de la cataracte par sondes d'argent et classa les maladies de l'œil avec une méthode dont la terminologie fonde encore la classification médicale.

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Chimie

Les musulmans transformèrent l'ancienne alchimie en science expérimentale avec laboratoire, méthode et instruments ; d'eux viennent les termes alkali et élixir entrés dans les langues européennes.

Mathématiques & algèbre

De ce domaine sont sortis deux mots qui ont changé le monde : Algèbre, du livre d'al-Khwarizmi, et Algorithme, de son nom latinisé. Ils ont porté le zéro et le système décimal vers l'Europe et fondé la trigonométrie comme science autonome.

Al-Khwarizmi

Père de l'algèbre — 780–850 / Maison de la Sagesse

Bibliothécaire en chef d'al-Ma'mun et auteur du Livre du calcul de la restauration et de la confrontation, premier ouvrage à établir l'algèbre comme science autonome — le monde prit le mot de son titre. Traduit en latin, il entra dans l'école européenne, et de la latinisation de son nom (Algoritmi) vient le mot Algorithme sur lequel repose l'informatique. Il introduisit aussi le zéro et les chiffres indiens dans le monde arabe puis européen.

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Thabit ibn Qurra

Le polymathe de Harran — 826–901

L'un des plus grands traducteurs et savants : créateur de la règle des nombres amiables (chaque nombre égal à la somme des diviseurs de l'autre), correcteur des lois de mesure du volume des pyramides, et retraducteur rigoureux d'Aristote, d'Euclide et d'Archimède. Ses idées sur la puissance cinétique préfiguraient les lois du mouvement.

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Abu al-Wafa al-Buzjani

Ingénieur de la trigonométrie — 940–998

Il introduisit la tangente et la sécante en trigonométrie, établit des tables de sinus d'une précision inédite et posa les fondements sphériques nécessaires aux astronomes et cartographes. Son Livre des constructions géométriques nécessaires aux artisans enseignait aux ouvriers l'application de la géométrie aux bâtiments et instruments.

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Al-Karaji

Algébriste perse — 953–1029

Auteur d'Al-Fakhri fi al-Jabr, où il dégagea l'algèbre du style géométrique d'Euclide et l'orienta vers le calcul symbolique, en expliquant les opérations sur les quantités radicales. Son Al-Kafi fi al-Hisab servait pratiquement marchands et comptables : il est le pont entre al-Khwarizmi et la notation moderne.

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Omar Khayyam

Sage de Nichapour — 1048–1131

Il porta les solutions géométriques des équations cubiques à leur plus grande étendue, en classant les équations du troisième degré par sections coniques. Chef de l'équipe du calendrier djalaéli qui mesura l'année solaire avec une précision supérieure au grégorien actuel, il est aussi célèbre pour ses quatrains philosophiques.

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Jamshid al-Kashi

Calculateur de Samarcande — 1380–1429

Premier à formuler les fractions décimales avec leurs symboles et méthodes opératoires dans La Clé de l'arithmétique, et calcula la circonférence du cercle donnant π à 16 décimales — un record tenu près d'un siècle et demi. Ulugh Beg le nomma directeur de l'observatoire de Samarcande, l'appelant la lune des calculateurs.

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Astronomie

Les musulmans bâtirent les premiers observatoires systématiques et corrigèrent les tables de Ptolémée ; leurs corrections parvinrent à Copernic, qui cite al-Battani et Ibn al-Shatir dans son œuvre pionnière.

Al-Battani

Le Ptolémée des Arabes — 858–929 / Harran

L'un des plus grands astronomes de tout le Moyen Âge, auteur du Zij sabéen où il corrigea les distances du Soleil et de la Lune ainsi que l'année orbitale. Il estima l'année solaire à quelques minutes du calcul moderne, découvrit le mouvement de l'apogée solaire et traita la fameuse question de Battani. Son zij, traduit en latin, servit à Copernic et à Tycho Brahe.

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Abd al-Rahman al-Sufi

Peintre des étoiles — 903–986

Auteur du Livre des étoiles fixes, le plus beau catalogue céleste illustré du Moyen Âge, associant l'observation aux noms arabes des étoiles (Aldébaran, Algol, Fomalhaut) entrés dans les langues européennes par sa traduction. Il enregistra aussi la première description écrite claire de la nébuleuse d'Andromède, voisine de notre galaxie.

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Ibn Yunus

Observateur du mont Mokattam — 950–1009

Astronome de l'État fatimide et auteur du Zij hakimi, dont les observations furent menées depuis le mont Mokattam près du Caire pendant des décennies. Ses tables du Soleil et de la Lune restèrent les plus précises de son époque, et au début du XXe siècle elles servirent de base historique aux tables de la trajectoire lunaire.

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Nasir al-Din al-Tusi

Directeur de l'observatoire de Maragha — 1201–1274

Il bâtit à Maragha le plus grand observatoire scientifique avant les temps modernes (bibliothèque et modèles d'instruments précis) et dirigea une équipe multinationale. Il inventa le couple de Tusi, dispositif mathématique corrigeant le mouvement lunaire par deux cercles combinés — le même mécanisme que Copernic aurait hérité deux siècles plus tard via des sources intermédiaires.

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Ibn al-Shatir

Astronome de Damas — 1304–1375

Chronométreur de la mosquée des Omeyyades, il supprima le principe déficient de l'équant du modèle ptolémaïque et reconstruisit les mouvements du Soleil, de la Lune et de Mercure par des modèles circulaires cohérents. Ses paramètres lunaires correspondent à ceux de Copernic deux siècles plus tard, au point que les chercheurs le comptent parmi les affluents de la révolution copernicienne.

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Optique & physique

Ibn al-Haytham transforma l'optique d'un débat philosophique en science expérimentale à preuve mathématique — d'où son titre de père de l'optique ; la physique moderne de la lumière fut bâtie sur son livre.

Ingénierie & mécanique

Les livres des engins ingénieux transformèrent les idées mécaniques en machines fonctionnelles : horloges, robots, valves et pompes, dont les dessins atteignirent l'Europe par l'Andalousie et ses traductions.

Géographie & navigation

D'une carte d'argent pour un roi sicilien à un voyage mesurant trois continents, jusqu'au capitaine qui mena les navires européens vers la route des Indes — la géographie arabe bâtit la connaissance du monde de sa propre carte et de ses mers.

Al-Idrisi

Cartographe des rois — 1100–1165 / Ceuta & Sicile

Géographe de la cour normande de Palerme, il prépara pour le roi Roger II le Livre des voyages agréables vers des pays lointains et dessina une carte du monde sur une plaque d'argent avec des tables de coordonnées de plus de 3 700 lieux. Ses cartes restèrent les plus exactes d'Europe trois siècles durant, et les navigateurs en tirèrent l'idée de continents reliés ouverts vers le sud.

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Al-Biruni

Mesureur de la Terre et de l'Inde — 973–1048 / Khwarezm

Esprit encyclopédique : il mesura la circonférence de la Terre par sa méthode propre depuis un sommet montagneux, donnant son rayonnement avec une erreur minime ; mesura les poids spécifiques des métaux avec une précision comparable aux laboratoires modernes, et prédit vallées et sables enfouis. Dans sa Vérification de l'Inde, il décrivit la civilisation indienne avec une méthode ethnographique précédant l'Europe de siècles.

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Ibn Battuta

Le plus grand voyageur du Moyen Âge — 1304–1369 / Tanger

En 29 ans il parcourut environ 120 000 km à travers 44 pays, du Mali à la Chine et de l'Anatolie aux Maldives, décrivant les civilisations de trois continents dans sa Rihla. Traduit en latin, son livre devint la première fenêtre de l'Europe sur l'Afrique et l'Asie, et son itinéraire dépasse celui de Marco Polo.

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Al-Muqaddasi

Géographe des provinces — 945–1000 / Jérusalem

Il parcourut à pied la plupart des terres de l'Islam pour connaître les pays par ses propres yeux et non par ouï-dire, produisant dans Les Meilleures divisions pour la connaissance des provinces une description de terrain des villes, de leurs marchés et de leurs caractères climatiques. Il fut le premier à employer la régionalisation climatique comme science du terrain.

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Ibn Majid

Maître des navigateurs — 1432–1500 / Julfar, Oman

Le plus célèbre navigateur des mers de l'Orient, auteur des Utilités des principes de la science de la mer, encyclopédie de la navigation stellaire, boussole et moussons. La tradition populaire retient qu'il guida la flotte de Vasco de Gama vers la route des Indes (1498) ; nul après lui n'inventa la science de la navigation enseignée par ses livres.

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Yaqut al-Hamawi

Encyclopédiste des pays — 1179–1229

Auteur du Dictionnaire des pays, la plus vaste encyclopédie géographique du Moyen Âge : noms des contrées, montagnes et fleuves documentés par chaîne, lieu et sens. Il reste une référence des géographes, historiens et orientalistes jusqu'à nos jours, fondé sur sa méthode de vérification des noms sur le terrain.

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Histoire & sociologie

Les premiers à donner à l'histoire une méthode et une critique des sources furent les historiens musulmans, et Ibn Khaldoun le scella dans sa Muqaddimah, fondant la sociologie et les règles de l'économie des siècles avant l'Europe.

Ibn Khaldoun

Fondateur de la sociologie — 1332–1406 / Tunis & Le Caire

Auteur de la Muqaddimah où il théorisa la civilisation, la solidarité de groupe (asabiyya) et le cycle d'ascension et de chute des États, avec des règles économiques reliant impôts et prospérité rappelant la célèbre courbe de Laffer. Il fixa une méthode de critique des récits historiques — vérification des personnes et des lieux — devenant aux yeux des spécialistes le fondateur de la sociologie, de la démographie et de l'économie.

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Al-Tabari

Imam des historiens — 839–923

Auteur de l'Histoire des nations et des rois couvrant le monde de la Création à son époque avec des rapports attribués, et du Commentaire du Coran qui fonda l'interprétation par la tradition et la langue. Sa méthode de citation des chaînes devint la règle des chercheurs en histoire ancienne, admirée des orientalistes.

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Al-Masudi

L'Hérodote des Arabes — 896–956

Historien voyageur qui rassembla dans les Prairies d'or la géographie, les légendes, les peuples et les religions du monde, voyageant jusqu'au Sind, à la Chine, en Égypte et au Maghreb. Il décrivit les moussons et les animaux étranges du pays des Zanj, et fut le premier à employer la comparaison des récits en histoire.

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Ibn al-Athir

Historien des croisades — 1160–1233 / Mossoul

Auteur de L'Histoire complète, encyclopédie chronologique détaillée, et d'Al-Muntaqa consacré à l'histoire des croisades du point de vue islamique — source indispensable même pour les chercheurs occidentaux eux-mêmes.

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Philosophie & logique

Les philosophes musulmans ravivèrent la pensée grecque et l'enrichirent, modelant l'esprit européen par l'Andalousie et le mouvement de traduction du XIIe siècle.

Al-Kindi

Philosophe des Arabes — 801–873 / Bagdad

Premier philosophe arabo-musulman à projet délibéré, employant philosophie et logique pour expliquer les sciences. Il écrivit sur l'optique et la cryptographie — parmi les premiers à décrire l'analyse de fréquence des lettres pour casser les codes — ainsi que sur la musique et l'astronomie. L'école latine de traduction, nommée Alkindus, subit son influence.

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Al-Farabi

Le Second Maître — 872–950 / Farab & Damas

Baptisé le Second Maître après Aristote pour la force de ses explications et de sa méthode logique. Auteur de l'Opinion des habitants de la cité vertueuse qui fonda la philosophie politique islamique, et du Grand Livre de la musique qui codifia théorie et modes ; sa critique et son exposition d'Aristote devinrent la base de la scolastique européenne.

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Ibn Rushd (Averroès)

Commentateur d'Aristote — 1126–1198 / Cordoue

Nommé en Europe Le Commentateur pour ses expositions qui rendirent Aristote à l'Europe après l'avoir perdue, allumant le débat raison-révélation à l'université de Paris. Il répondit à al-Ghazali dans Tahafut al-Tahafut et formula une séparation méthodologique de la philosophie et de la loi qui marqua la pensée européenne ; en droit, sa Bidayat al-Mujtahid reste la référence de la pesée des écoles.

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Al-Ghazali

Preuve de l'Islam — 1058–1111 / Tus

L'un des penseurs les plus influents de l'histoire de l'Islam : dans la Revivification des sciences de la religion, il unit droit, éthique et soufisme, reconstruisant la vie religieuse des musulmans. Dans l'Incohérence des philosophes, il délimita révélation et raison ; ses œuvres traduites entrèrent dans la pensée latine médiévale.

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Droit musulman & ses principes

Les quatre imams ne se contentèrent pas d'énoncer des règles — ils fondèrent la méthode même de l'inférence juridique ; naquit ainsi la science des principes du droit, norme de la législation jusqu'à ce jour.

Abu Hanifa

Imam des imams — 699–767 / Koufa

Premier à codifier le droit en chapitres, devenant l'Imam des imams. Il adopta une méthode organisée d'analogie et d'intérêt public ; l'école hanafite est aujourd'hui la plus répandue au monde (Turquie, Pakistan, Asie centrale, Égypte). Il fut un marchand ascète qui refusa les gouvernements de son temps.

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Malik ibn Anas

Imam de la ville de l'Hégire — 711–795 / Médine

Auteur d'Al-Muwatta, le plus ancien livre conservé réunissant hadith et droit, choisissant la pratique saine des gens de Médine. Il ouvrit la porte de l'intérêt public, donnant flexibilité à la législation ; l'école malikite est le droit historique de l'Afrique du Nord et d'Andalousie.

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Al-Shafi'i

Fondateur des principes du droit — 767–820 / Gaza & Égypte

Dans Al-Risala, il fonda la première science autonome des principes juridiques : ordonner les preuves du Coran et de la Sunna au consensus et à l'analogie. Il unifia les approches hédjazienne et irakienne en une voie médiane répandue en Égypte, au Levant, en Afrique de l'Est et en Asie du Sud, célèbre pour sa courtoisie dans le débat.

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Ahmad ibn Hanbal

Imam de la Sunna — 780–855 / Bagdad

Il tint ferme dans l'épreuve de la création du Coran, devenant le symbole de la constance dans la vérité. Son Musnad rassemble quelque quarante mille hadiths prophétiques purifiés et enchaînés ; l'école hanbalite est la racine du droit saoudien actuel, et parmi ses élèves en hadith figurent al-Bukhari et Muslim.

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Sciences du Coran & du hadith

Ce sont les sciences établies qui garantirent la stabilité des textes : science des chaînes et critique des narrateurs — les livres de hadith furent vérifiés avec une rigueur que l'histoire n'a jamais connue en documentation.

Al-Bukhari

Commandeur des croyants en hadith — 810–870 / Boukhara

Auteur du Recueil authentique, le livre le plus fiable après le Livre de Dieu, sélectionnant de six cent mille hadiths ceux authentiques par la confiance, la continuité et la rencontre directe. Sa méthode de critique des narrateurs fonda la science du jarh et ta'dil, et son livre devint le second livre des musulmans après le Coran.

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Muslim ibn al-Hajjaj

Auteur du second Sahih — 815–875 / Nichapour

Il produisit le Sahih Muslim avec un système technique de chaînes et de formulations inconnu avant lui, unissant un récit sous une chaîne unique. Les savants le comptent comme la composition la plus précise techniquement ; al-Bukhari et Muslim ensemble fondent la science du hadith dans le monde.

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Al-Nawawi

Maître du hadith du Levant — 1233–1277 / Nawa

Réservoir du savoir levantin : auteur des célèbres Quarante hadiths, de Riyadh al-Salihin, constitution spirituelle du quotidien, et d'Al-Majmu', compté parmi le droit chaféite le plus mûr. Il mourut à quarante-deux ans après avoir laissé des centaines d'œuvres modestes en taille mais immenses en valeur.

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Ibn Hajar al-Asqalani

Commandeur des croyants de son époque — 1372–1449 / Le Caire

Auteur de Fath al-Bari, le plus grand commentaire du Sahih al-Bukhari, d'Al-Isaba, encyclopédie des biographies des Compagnons, et d'Al-Durar al-Kamina pour les biographies du VIIIe siècle. Nommé Commandeur des croyants en hadith de son âge, il acheva la science critique héritée d'al-Bukhari.

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Langue & littérature

De la langue des Arabes sortirent les premiers dictionnaires, la grammaire systématique, la prosodie et la critique littéraire — atteignant la phonétique des siècles avant l'Europe.

Al-Khalil ibn Ahmad

Auteur du Kitab al-Ayn et de la prosodie — 718–786 / Bassora

Fondateur du Kitab al-Ayn, premier dictionnaire de l'histoire des langues ordonné phonétiquement — un lexique arabe précédant tout le concept lexicographique européen. Il inventa la prosodie à vingt mètres selon laquelle la poésie arabe se mesure encore, et son élève Sibawayh tira de lui la grammaire.

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Sibawayh

Imam de la grammaire — 760–796 / Bassora

Auteur du Livre (Al-Kitab), première étude grammaticale scientifique complète d'une langue quelconque au monde : environ 5 500 questions avec preuves phonétiques et sémantiques. Les savants le comptent imam de la grammaire tout entière ; sa traduction latine du XIXe étonna les linguistes européens par sa précision conceptuelle.

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Al-Jahiz

Sage littéraire et philosophe des animaux — 776–868

Encyclopédiste du Livre des animaux, décrivant environ 350 espèces et traitant de la chaîne alimentaire et de l'adaptation de l'animal à son milieu — noyau de ce qu'on nommera plus tard la sélection naturelle — et de Al-Bayan wa-l-Tabyin qui fonda la critique littéraire. Il unissait science, humour et philosophie sociale.

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Ibn Jinni

Professeur des sons — 932–1002 / Mossoul

Auteur d'Al-Khasa'is, étudiant les sons de l'arabe dans leurs points d'articulation, leurs qualités et transformations, précédant la phonétique européenne de siècles, et traitant rythme sonore et étymologie avec méthode appliquée. Il est compté parmi les plus grands savants de la langue arabe de tous les temps.

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Femmes & science

La science dans la civilisation islamique ne fut pas l'affaire des seuls hommes : des femmes fondèrent une université mondiale, fabriquèrent des instruments astronomiques et enseignèrent aux plus grands savants le hadith et le droit.

Comment cette science est-elle parvenue au monde ?

L'héritage des savants musulmans atteignit l'Europe par trois grandes portes : l'Andalousie (centrée sur Tolède après 1085), la Sicile normande et les rivages commerciaux de la Méditerranée. À Tolède, des traducteurs — juifs, chrétiens et musulmans — transférèrent des centaines de livres de l'arabe au latin, dont le plus célèbre fut Gérard de Crémone avec 87 livres traduits, parmi lesquels le Canon d'Avicenne et le Compendium d'algèbre d'al-Khwarizmi.

Dans les premières écoles de médecine européennes (Salerne, Montpellier), le Canon fut enseigné mot à mot jusqu'au XVIIe siècle, et à Paris et Oxford les commentaires d'Averroès sur Aristote devinrent le guide approuvé de la philosophie, au point que ses partisans furent nommés d'après lui. Le dictionnaire latin est rempli de mots arabes témoins de ce transfert :

Les traces arabes les plus marquantes laissées dans les langues du monde :

AlgebraAlgorithmAlchemyAlkaliZenithNadirAzimuthElixirCrimsonAdmiralCoffeeCottonSugar

Questions fréquentes

Qui est le plus grand des savants musulmans ?

Aucun consensus n'existe sur le plus grand, mais les plus célèbres mondialement : Ibn Sina en médecine, al-Khwarizmi en mathématiques, Ibn al-Haytham en optique et méthode expérimentale, al-Battani en astronomie, Ibn Khaldoun en sociologie. Chacun a façonné une science de la civilisation humaine.

Quand a eu lieu l'âge d'or de la science islamique ?

Environ du VIIIe au XIIIe siècle, depuis la Maison de la Sagesse à Bagdad, s'épanouissant à Cordoue, au Caire, à Fès et à Samarcande, avec des effets continués en Europe pendant des siècles.

Quelles sont les sciences les plus importantes fondées par les savants musulmans ?

L'algèbre et les algorithmes en mathématiques, la chimie comme science de laboratoire, l'optique expérimentale, l'astronomie d'observation avec observatoires, la pharmacologie végétale et les hôpitaux d'enseignement, la sociologie et l'économie dans la Muqaddimah, et les sciences des principes du droit et des chaînes.

Comment les sciences des musulmans sont-elles parvenues en Europe ?

Par le mouvement de traduction à Tolède, en Sicile et en Andalousie (XIe–XIIe siècles), les écoles de médecine comme Salerne et Montpellier, les universités latines enseignant le Canon, l'algèbre et les commentaires d'Averroès — sans compter les mots arabes survivant dans les langues européennes jusqu'à aujourd'hui.

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